L’histoire du marché des Halles
Plus de 150 ans de marché
à La Roche-sur-Yon
Deux incendies, une halle de fer et de verre, une horloge oubliée vingt ans au fond d’un champ… Notre marché en a vu passer. Et à chaque fois, il s’est relevé, il a grandi, il s’est réinventé avec son temps. Installez-vous, on vous raconte.
De 1794 à aujourd’hui
Une ville, un marché, une horloge
Les Halles ont brûlé deux fois, ont été démolies une autre, ont changé plusieurs fois de visage. Leur horloge a disparu vingt ans dans un champ avant de revenir. Et pourtant, depuis plus de cent cinquante ans, le marché n’a jamais cessé. Voici son histoire, racontée par ceux qui l’ont fait vivre.
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1794
Les premières halles partent en fumée
Bien avant la ville de Napoléon, le vieux bourg de La Roche-sur-Yon avait déjà son marché et sa halle. Mais en 1794, en pleine guerre de Vendée, le bourg est ravagé et la halle brûle avec lui. Le marché n’a plus de toit. Il lui faudra attendre une ville nouvelle pour en retrouver un.
Illustration IA -
1804
Une place immense, et rien autour
Tout commence par une place. Immense, bien trop grande pour la poignée de maisons qui l’entourent. Napoléon vient de faire du bourg ravagé la préfecture de la Vendée, et la ville n’existe encore que sur les plans des ingénieurs. Il lui manque l’essentiel, ce qui fait battre le cœur d’une ville : un endroit où l’on se retrouve. Cet endroit, ce sera le marché.
La place d’Armes, vers 1905 · domaine public (Wikimedia Commons) -
1852
Le marché trouve sa maison
Au milieu du siècle, le marché a trouvé sa maison : des halles basses, sans prétention, où l’on vient chaque semaine vendre ses œufs, son beurre et ses volailles. On y fait ses courses, on y prend des nouvelles, on y règle ses affaires. Quand la ville veut honorer le général Travot, c’est devant les halles, au cœur de la vie, qu’elle installe sa statue.
Les vieilles halles, 1860 · collection RADdO-Ethnodoc -
1884
La nuit où les halles ont brûlé
Une nuit, le feu prend. Les vieilles halles brûlent, et avec elles un morceau de la vie de chacun. Au matin, il ne reste que des cendres et une place vide. Mais un marché ne meurt pas avec ses murs : il suffit de quelques tréteaux et d’une poignée de marchands obstinés pour qu’il recommence.
Reconstitution IA -
1886
Une halle de verre, une horloge
Deux ans plus tard, les Halles renaissent, plus belles qu’avant : une grande halle de fer et de verre, baignée de lumière. À son fronton, l’ingénieur Paul Garnier installe une horloge de cuivre et de laiton qui tourne une semaine entière sans qu’on la remonte. Pendant quatre-vingt-dix ans, c’est elle qui donnera le signal des matins de marché.
L’entrée des Halles, vers 1905 · domaine public (Wikimedia Commons) -
1900
Le samedi, la campagne prend la ville
Le samedi, la ville change de visage. Dès l’aube, les charrettes arrivent du Bocage, chargées de légumes, de volailles et de mottes de beurre. On parle fort, on marchande, on se retrouve. On vient au marché pour remplir son panier, bien sûr. Mais surtout pour ne rien manquer de la vie qui passe.
Un samedi aux Halles, vers 1905 · collection RADdO-Ethnodoc -
1910
Elles se levaient avant le jour
Ce sont elles qui font le marché. Les fermières, coiffe blanche et tablier noir, parties bien avant le jour, le panier au bras. Elles vendent ce que donnent la basse-cour et le potager, connaissent chaque cliente par son prénom, et repartent avec quelques sous et toutes les nouvelles du canton.
Au marché, vers 1910 · collection RADdO-Ethnodoc -
1930
Des fleurs devant les Halles
Les jours de fête des fleurs, les chars fleuris défilent devant les Halles et descendent la rue des Halles. Le marché n’est plus seulement l’endroit où l’on fait ses courses : il est devenu le décor des plus belles fêtes de la ville.
Illustration IA -
1976
Le dernier coup d’horloge
Après quatre-vingt-dix ans de bons et loyaux services, la halle de fer et de verre est démolie. Le fronton et l’horloge partent avec les gravats, chez un ferrailleur. La ville tourne la page, et presque personne ne se demande ce qu’est devenue la vieille horloge.
La halle de fer et de verre, début du XXe siècle · collection RADdO-Ethnodoc -
1995
Retrouvée dans un champ
Certains n’avaient pas oublié. En 1995, les passionnés de l’association Patrimoine yonnais retrouvent les pièces de l’horloge, abandonnées dans un champ du ferrailleur. Quarante-deux donateurs se cotisent ; un artisan des Herbiers la restaure à l’identique. Puis elle attend son heure, dans les réserves du musée.
Le cadran signé Paul Garnier, restauré · photo de presse (vendeeinfo.fr) -
2008
Le goût reconnu
Le marché des Halles reçoit le label « Qualité marché ». Une distinction qui revient d’abord à celles et ceux qui montent leur étal avant l’aube, été comme hiver.
Les allées du marché des Halles · photo mavillesolidaire.fr -
2014
Imaginer les Halles de demain
Le quartier a vieilli, les commerces du centre souffrent. La Ville décide de repenser entièrement les Halles et, pour une fois, on commence par écouter : habitants et commerçants du marché sont invités autour de la table, plans en main, pour dessiner ensemble le marché qu’ils veulent.
Le projet des nouvelles Halles et de l’esplanade -
2017
Les Halles se réinventent
Le quartier tout entier se transforme : une esplanade de 5 000 m², une halle réhabilitée où tous les commerçants se retrouvent enfin sur un même niveau. Pendant les travaux, le marché continue : il s’installe sous des tentes. Les commerçants tiennent, les clients suivent.
Les Halles au lancement du chantier, 2017 · photo mavillesolidaire.fr -
2020
22 juin, 9 h 45
Quarante-quatre ans après avoir disparu, l’horloge de Paul Garnier est hissée au sommet de la halle, au-dessus du parvis. Elle a retrouvé sa place. Les Halles ont retrouvé leur heure.
L’horloge de 1886 à sa place, au fronton des Halles -
2023
Le quartier retrouve sa place
En mai 2023, après six ans de chantier, la grande place qui borde les Halles est inaugurée. La métamorphose du quartier est achevée : une esplanade ouverte, des arbres, des bancs, et le marché de nouveau au centre de tout. Comme sur les cartes postales d’autrefois.
Les Halles et l’esplanade · photo D. Herbreteau -
Aujourd’hui
La suite, c’est vous
Une quarantaine de commerçants et de producteurs, du mardi au dimanche. Les coiffes ont disparu, les paniers sont restés. Et chaque matin, sous l’horloge de 1886, la même histoire recommence.
Aux Halles, aujourd’hui
Souvenirs
Album d’époque
Et maintenant
Venez écrire la suite
Les Halles n’ont jamais été un musée. Leur histoire s’écrit chaque matin, entre l’étal du primeur et le comptoir du fromager, dans un « comme d’habitude ? » lancé à un client de vingt ans.
Venez la vivre. Et la raconter à votre tour.
Rencontrer les commerçants

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